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vendredi 9 octobre 2015

Psi-Changeling Tome 12 : Coeur d'obsidienne de Nalini Singh






 Une histoire d'amour si sombre, 
qu'elle pourrait bien faire voler le monde en éclats.











 
Un rebelle dangereux, volatile, dont les mains sont souillées de sang.Une femme dont l'existence a été complètement effacée.
Une histoire d'amour si sombre, qu'elle pourrait bien faire voler le monde en éclats.
Un prix mortel doit être payé.
Le jour du jugement approche.

Voici le livre le plus attendu de la carrière de Nalini Singh, l'un qui vient troubler la frontière entre folie et génie, entre subjugation et libération, entre les vivants et les morts.
(Trad BdP- Merci à elles!)



 
    - Lecture finie -

J'ai a -do-ré !!!

Une des meilleurs tomes de la série même si mon chouchou reste le tome 3 avec Judd mais franchement celui-ci est vraiment savoureux.



Kaleb, le conseiller et le plus puissant Psi retrouve  une femme emprisonnée depuis sept longues années. Cet homme froid, craint de tous cache de lourds secrets. 
Ce tome les révèle.

Les points forts

La construction du récit. Kaleb est un personnage ô combien énigmatique. Il délivre une femme qui croupissait depuis 7 ans dans une prison. Cet homme sans émotions et peut-être même sans âme est loin de dévoiler ses cartes. Pourquoi avoir délivrer Sahara ? Quels sont les liens entres ces deux là. Ce sont les gros ressors de l'intrigue. La jeune femme a perdu la mémoire et la narration ne lève le voile sur son passé que de manière très progressive et parcimonieuse mais on sent que la vérité apportera son lot de souffrance... Savoureux. Je suis restée scotchée à tous ses mystères, ses non dits.



Homme 


Kaleb est un personnage qui m'a énormément plu. C'est loin d'être un gentil. On peut même dire qu'il est capable de choses qui ferait froid dans le dos. Il est capable du meilleur comme du pire. Il est le Psi le plus puissant du Net. Il ne fallait donc pas que Nalini Singh loupe son personnage. Je peux vous dire qu’elle l'a réussi à 100 %. Il est omniprésent, cruel, sans émotions...mais aussi loyal, dévoué, protecteur. Un personnage qui vaut vraiment le coup d'être rencontré.



La romance. Elle ne ressemble à aucune qu'a pu nous proposer l'auteure. On navigue vraiment dans le nouveau. Sombre. Passionnée et toujours sur le fil du rasoir.

Kissing pics
Les points faibles

Honnêtement, il n'y en a peu. Je dirai que Kaleb a tellement de présence que l'héroïne a du mal à avoir autant de charisme que lui même si elle reste un très beau personnage.



- Bref -



Si vous aimez cette série,

celui-ci est à ne louper sous aucun prétexte !



  Très gros Spoiler!!!!

Il se moquait d’être désigné comme l’apprenti d’un tueur en série. Ça aurait été problématique au moment où il avait rejoint le Conseil juste après l’exécution de Santano, et aurait pu amener les autres à le défier. Il avait eu besoin d’être membre du Conseil à l’époque. Ça ne s’appliquait plus ; personne ne pouvait l’atteindre. Il ne se souciait désormais que de ce que l’exposition médiatique coûterait à Sahara. Personne n’avait le droit, même par inadvertance, de lui mettre ce cauchemar sous le nez.

— Je le ferai enlever demain, dit-il, et il sut qu’il était temps d’admettre son échec. Je ne pouvais pas avant de t’avoir retrouvée, avant de t’avoir mise à l’abri comme j’en ai été incapable à ce moment-là.

Elle avait été torturée sous ses yeux, sans relâche.

— Enrique a fait quelque chose au radiateur, murmura Sahara en touchant avec douceur les bords saillants de la brûlure. Avec son énergie cinétique. Il s’est mis à rougeoyer… (Elle releva vivement la tête.) Tu as maintenu le bras contre cet insigne si longtemps qu’il a cessé de fonctionner tellement la brûlure était profonde.

— Ça n’a pas fait mal. (Il avait inhibé ses récepteurs de douleur et serré les dents, refusant de donner à Santano la satisfaction de l’entendre hurler.) Rien n’a fait mal, si ce n’est avoir été forcé de le regarder te taillader sans pouvoir bouger un muscle.

Santano l’avait empêché de venir en aide à celle qui était tout pour lui, celle qui ne l’avait jamais abandonné, celle qui voyait du bon en lui.

Oui, ça l’avait brisé… puis ça l’avait changé en cauchemar.

Ce n’était pas le résultat que Santano avait escompté.

— Kaleb. (Sahara embrassa la cicatrice sur son avant-bras, les lèvres douces comme les ailes d’un papillon.) Tu sais ce que je vois quand je regarde ça ? Je vois un homme qui s’est battu pour moi avec un tel acharnement qu’il a effrayé un monstre. Tu sais que j’étais censée mourir cette nuit-là.

Sahara entendait encore la voix d’Enrique qui lui chuchotait à l’oreille, qui lui exposait avec une excitation immonde son projet de forcer Kaleb à lui ôter la vie. Sauf que Kaleb avait refusé de se plier à la compulsion qu’Enrique avait implantée dans son esprit.

— Tu l’as frappé avec ta télékinésie, si fort que ça l’a propulsé contre le mur.

— Non, dit Kaleb, catégorique. Je n’ai rien fait pour l’arrêter. (Sa main qui touchait ses cheveux trembla.) Je t’ai fait du mal… Je t’entends encore me hurler d’arrêter.

— C’est à Enrique que tu as fait du mal, pas à moi ! s’exclama Sahara en lui saisissant les bras. (L’idée qu’il ait pu croire à un mensonge aussi dévastateur pendant sept longues années lui était insupportable.) Tu as bien failli le tuer.

Lisant une incompréhension totale dans ses yeux d’un noir infini qui avaient perdu leur beau reflet d’obsidienne, elle prit son visage entre ses mains et lui transmit les images – nuancées, réelles – issues de sa mémoire. Parce qu’il avait été enfermé dans la chambre forte à l’intérieur de la chambre forte où elle avait caché son identité afin d’essayer de la protéger des ravages du labyrinthe, le souvenir était parfaitement conservé et restituait dans ses moindres détails la chambre où s’était déroulé le cauchemar.



Sahara essaya de ne pas hurler lorsque Santano Enrique plongea sa lame dans la courbe supérieure de son sein, consciente que sa douleur déchirait Kaleb. Le monstre l’avait cloué au mur à l’aide de menottes télékinésiques invisibles et l’avait forcé à tourner la tête vers le lit afin qu’il ne manque rien de la torture qu’Enrique infligeait à Sahara.

Kaleb aurait pu fermer les yeux et se couper de l’horreur, mais il ne le fit pas. Elle avait su qu’il ne le ferait pas, même quand elle l’avait imploré en silence de détourner le regard. Jamais son Kaleb ne l’abandonnerait à un monstre.

Elle laissa échapper un cri malgré tous ses efforts pour le retenir, incapable de lutter contre la douleur après avoir encaissé tant de coupures que sa peau était rouge et glissante à la lumière des deux lampes de chevet qui exposaient l’œuvre maléfique d’Enrique. Il attendit que les échos du cri se dissipent avant de continuer à l’entailler.

— Sais-tu pourquoi j’ai choisi cet hôtel ? Si miteux soit-il, les chambres sont toutes insonorisées… et, même si elles ne l’étaient pas, il n’y a pas d’autres clients à cette époque de l’année.

Sahara l’avait compris depuis longtemps.

— Arrête, par pitié, lâcha-t-elle d’une voix éraillée, la gorge à vif.

Enrique enfonça sa lame plus profondément. Il pensait qu’elle le suppliait de lui accorder un répit. Ce n’était pas le cas. Ses mots étaient pour Kaleb, son beau Kaleb qui soutenait son regard en silence. Un silence violent empreint de fureur noire. Ses propres yeux saignaient tandis qu’il luttait pour se libérer de la compulsion qui bridait ses pouvoirs, se battait pour la rejoindre.

Elle savait qu’il exerçait une pression mortelle sur son cerveau, mais il refusait de l’écouter. Et elle ne pouvait pas l’atteindre avec son esprit, car Enrique avait trouvé moyen de bloquer leur télépathie à tous les deux. Il continuait simplement de lutter en y mettant toute sa concentration, le visage ensanglanté.

— Arrête, chuchota-t-elle de nouveau, essayant en vain de tendre vers lui ses mains qu’Enrique avaient liées avec de la Tk. Non.

Elle ne supportait pas de le voir se faire du mal, de songer qu’il risquait de s’infliger des dommages irréversibles. Comment pouvait-elle exister dans un monde sans Kaleb ?

— Supplier ne t’apportera rien de bon, dit le monstre.

Enrique promena sa main sur sa chair torturée, étalant le sang frais sur le sang séché, puis il se rapprocha d’elle. Son souffle lui parut fétide, aussi répugnant que son esprit, lorsqu’il chuchota :

— Tu marques son dernier rite de passage. Ça va être le meurtre le plus délicieux de sa vie, une extase qu’il cherchera éternellement à revivre.

Une onde de douleur parcourut Sahara tandis que son cœur se brisait pour le garçon devenu un homme qui avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour la protéger depuis le jour où ils s’étaient rencontrés.

— Tout va bien, chuchota-t-elle, si bas que Enrique ne l’entendit pas quand il se leva du lit et se dirigea vers Kaleb.

Mais Kaleb entendit et il comprit, les yeux noirs comme le néant, le regard dur et plein de rage.

— Tout va bien, Kaleb, répéta-t-elle.

Mais le regard de Kaleb réfutait les paroles de Sahara, et le sang commença à s’écouler de ses oreilles alors que son cerveau se retrouvait pris en étau entre la force de son incroyable volonté et celle de la malveillance d’Enrique.

— Taillade-la, ordonna Enrique en forçant le couteau ensanglanté dans la main de Kaleb et l’obligeant à replier les doigts sur l’instrument qui avait infligé tant de douleur. Tu es comme moi, tu l’as toujours été. (Il jeta un regard sournois à Sahara par-dessus son épaule avant de se retourner vers Kaleb.) Fais ce qui te vient naturellement.

Kaleb crispa les doigts dans un spasme, et la lame tomba sur la moquette dans un bruit sourd.

Enrique changea d’expression en une seconde, la sournoiserie cédant le pas à quelque chose que Sahara savait être le mal à l’état pur. Il avait toujours vécu à l’intérieur du monstre, dissimulé derrière la façade d’un Silence sans failles. Il n’y avait plus de façade cette fois, plus de barrière entre Kaleb et l’horreur incarnée qu’était Santano Enrique.

— Tu crois pouvoir me défier ?

Sahara poussa un cri quand Kaleb tomba à genoux si violemment que le lit vibra sous le choc. La seconde suivante, son bras couvert par son tee-shirt se retrouva plaqué contre le radiateur de style ancien fixé au mur à côté de lui. Elle ne comprit d’abord pas ce qu’elle voyait… puis le radiateur se mit à rougeoyer.

— Non ! Pas ça ! essaya-t-elle de hurler tandis que le métal fondait à travers le tee-shirt de Kaleb et dans sa chair… et que le sang commençait à s’écouler de son nez. Kaleb, arrête ! (Il était en train de se tuer sous ses yeux.) Je t’en prie, Kaleb. Je t’en prie !

Elle était presque aphone, mais il riva les yeux sur les siens et secoua la tête de façon à peine perceptible. Elle n’avait pas besoin de télépathie pour comprendre ce qu’il lui demandait. De tout ce qui était arrivé cette nuit-là, c’était le plus dur, mais elle ravala les larmes qui lui brûlaient les yeux jusqu’à ce qu’elles forment un nœud douloureux dans sa poitrine, et elle cessa de parler.

Si Kaleb pouvait garder le silence alors que l’odeur de chair brûlée se répandait dans l’air et que son sang tombait goutte à goutte sur son tee-shirt blanc, elle pouvait retenir ses larmes. Santano Enrique avait versé leur sang, et il leur prendrait peut-être même la vie, mais ce monstre ne jouirait pas davantage de leur douleur. Le cœur meurtri, elle vit Enrique donner un coup de botte dans la poitrine de Kaleb, si violent que quelque chose craqua et que Kaleb toussa du sang. Mais elle garda le visage tourné vers lui afin qu’il ne soit pas seul, et elle ne pleura pas, même quand sa vue commença à faiblir à cause du sang qu’elle avait perdu.

Ce fut à ce moment-là qu’Enrique se retourna vers elle… et le radiateur cessa de rougeoyer, tandis que le bras de Kaleb retombait mollement le long de son corps.

— Puisque tu as rejeté mon offre, dit le monstre, je vais me faire un plaisir de mettre fin à la vie de ta Sahara… Et il semble que l’heure soit venue. Ses forces sont en train de la quitter, et ce serait un tel gâchis si elle ne se sentait pas mourir. (Il ramassa le couteau.) Dommage que notre petite fête ne puisse pas durer plus longtemps.

— Arrêtez, dit Kaleb. (Il cracha de nouveau du sang et prit tant bien que mal son inspiration.) Je vous donnerai tout ce que vous voulez si vous la libérez. Mon obéissance totale, pas de résistance.

Il offrait son âme en échange de la vie de Sahara. Elle voulut s’y opposer, lui dire qu’elle n’accepterait jamais ce marché, mais elle peinait à former des mots.

— Tout ? demanda Santano. Est-ce que tu ramperais ? Est-ce que tu deviendrais mon animal de compagnie docile ?

Kaleb répondit sans hésiter.

— Oui.

Le monstre éclata d’un rire agressif qui égratigna l’esprit de Sahara.

— Comme c’est touchant. (Il renversa la tête de Kaleb d’une main télékinésique.) Mais pour cette fois je vais décliner. Je te l’ai dit… il est temps que tu te souviennes que tu es ma propriété.

Enrique tourna les talons pour faire face au lit.

— Je vais la découper morceau par morceau pendant que tu regarderas. (Il jeta un coup d’œil à Kaleb.) Ce sera beaucoup plus gratifiant de te briser à l’usure que de te laisser te soumettre.

Si faible que le monde menaçait de disparaître sous ses yeux, Sahara se mordit la langue pour s’empêcher de s’évanouir. La mort serait peut-être plus facile si elle était inconsciente, mais elle ne quitterait pas Kaleb comme ça. Elle se battrait jusqu’à son dernier battement de cœur, jusqu’à son dernier souffle.

Les larmes lui montèrent aux yeux à cause de la douleur qu’elle s’était auto-infligée, et le monde redevint net. Elle vit que Kaleb ne lâchait pas Enrique du regard tandis que l’autre Tk-Psi s’avançait vers le lit. Kaleb avait les tendons du cou qui saillaient, la peau du visage tirée sur les os. Les larmes de sang aux coins de ses yeux étaient devenues plus épaisses, plus visqueuses alors qu’il prenait des inspirations laborieuses à travers ses côtes cassées.

Enrique vint sur le lit lorsqu’il l’eut atteinte, veillant à ne pas lui toucher la peau.

— Je pense, murmura-t-il, que je vais d’abord te couper les lè…

Le cardinal plus âgé fut soudain éjecté à l’autre bout de la pièce et s’écrasa contre la porte. Un de ses os se fendit dans un craquement audible, et elle songea que ça avait peut-être été son cubitus qui était entré en contact avec la poignée de la porte. Alors qu’il se relevait péniblement, il fut propulsé de nouveau et sa tête cogna contre le bois.

Elle fut libérée de ses attaches télékinésiques.

Si faible qu’elle ne sentait pas ses jambes, elle essaya de descendre du lit en rampant. Tiède contre sa peau, le bracelet que Kaleb lui avait offert était enduit de sang couleur rouille. Si elle parvenait à toucher n’importe quelle partie du corps du monstre…

Mais alors que son épaule pendait d’une façon qui indiquait qu’elle était disloquée ou brisée, Enrique leva sa main indemne et le corps de Sahara s’arc-bouta soudain, étirant ses muscles et tordant ses os jusqu’au point de rupture. Son genou se déboîta, ses tendons se déchirèrent et les ténèbres montèrent à l’horizon tandis qu’elle poussait un cri d’agonie inaudible.

— Sahara !

Non, voulut-elle dire à Kaleb, ne le laisse pas te déconcentrer ! Mais il était trop tard. Le souffle court comme si elle avait avalé du verre pilé quand Enrique la relâcha sur le lit, elle regarda Kaleb s’écraser au plafond puis au sol, horrifiée. Les deux jambes de Kaleb se fracturèrent sous le choc et du sang se déversa de sa bouche. Il se convulsa pendant cinq secondes de calvaire et, lorsqu’il s’arrêta, elle sut que le monstre avait gagné cette sanglante bataille psychique, qu’il avait remis en cage son beau Kaleb si fort et intelligent.

Elle essaya de l’atteindre, mais seuls ses doigts tressautèrent. Les battements de son cœur étaient si lents qu’elle sut qu’elle était en train de mourir.

— Non ! hurla Kaleb.

Il rampa vers elle malgré ses jambes cassées et ses côtes brisées, malgré ses yeux noyés de sang tandis qu’il luttait contre la chose maléfique que le monstre avait faite à son esprit et qui l’empêchait de la rejoindre. Chacun de ses mouvements était un témoignage de sa volonté.

— N’abandonne pas !

À force d’obstination, elle trouva enfin la force de rapprocher les doigts des siens.

— Non, promit-elle en silence alors que sa vue commençait à se brouiller. (Toute autre réponse lui aurait fait du mal, et jamais elle ne ferait de mal à son Kaleb.) Non.

Du bout des doigts, Kaleb effleura les siens tandis qu’il se retenait au bord du lit et que son sang se mêlait à celui de Sahara.

Puis elle fut soulevée dans les airs et entraînée loin de lui par une violente force télékinésique.

— J’ai changé d’avis, dit le monstre, la respiration sifflante. Je pense que je vais la prendre comme animal de compagnie pour te remplacer.

— Sahara ! rugit Kaleb. Je viendrai te chercher ! Survis ! Survis pour moi !

Ce fut les derniers mots qu’elle entendit avant de sombrer.